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Près d’un accident de la route sur dix associé à l’utilisation du téléphone au volant

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publié le 10 mai 2011

Parmi les facteurs susceptibles d’altérer les capacités de conduite et provoquer des accidents, la distraction au volant fait l’objet d’une attention grandissante et, en particulier, la distraction liée à l’usage de systèmes de télécommunication. Le développement exponentiel et rapide des téléphones mobiles utilisés par tous dans toutes les situations de la vie quotidienne ainsi que la construction de véhicules de plus en plus équipés de systèmes de télécommunication justifient cette préoccupation.
La Délégation à la sécurité et à la circulation routières a donc confié à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), en association avec l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux (Ifsttar), la réalisation d’une expertise collective sur l’impact de l’usage du téléphone et des autres « distracteurs » sur la sécurité des usagers de la route.
Pour la première fois, un groupe d’experts a fait le bilan complet de la littérature scientifique mondiale sur le risque d’accident lié à l’usage du téléphone portable. Le rapport « Téléphone et sécurité routière » qui vient de paraître en confirme la dangerosité au volant.
Ses conclusions posent un regard nouveau en anticipant les dangers de l’avenir que sont l’usage croissant d’autres « distracteurs », comme les systèmes embarqués et les écrans tactiles dont l’utilisation en circulation, pourtant interdite depuis 2008, perturbe l’attention du conducteur, menaçant gravement sa sécurité et celle des autres usagers de la route.

LES PRINCIPAUX ENSEIGNEMENTS DU RAPPORT D’EXPERTISE

1 En France, près de la moitié des conducteurs utilisent un téléphone en conduisant (portable ordinaire ou kit mains-libres). Les jeunes, les hommes, et les usagers de la route à titre professionnel sont ceux qui téléphonent le plus au volant.

2 Le sur-risque d’accident matériel ou corporel découlant d’une conversation téléphonique au volant par rapport à un conducteur ne téléphonant pas est environ de trois. Or, la pratique du téléphone au volant est extrêmement répandue : en moyenne, la proportion de conducteurs dans la circulation qui, à un instant « t », utilisent un téléphone portable, est de l’ordre de 6%.

3 Converser au téléphone en conduisant provoque des modifications importantes du comportement visuel. Téléphoner accapare l’attention du conducteur qui regarde davantage droit devant et néglige la consultation des rétroviseurs ou du compteur de vitesse.

4 Le kit mains-libres et le mobile ordinaire entraînent quasiment le même niveau de distraction car téléphoner accapare l’attention du conducteur : au-delà de la mobilisation physique du conducteur (motrice et visuelle), téléphoner introduit une forte charge mentale supplémentaire et réduit gravement les ressources
attentionnelles indispensables pour conduire. Converser au téléphone en conduisant provoque une perte d’attention à la route qui détermine l’essentiel du risque. Le conducteur qui téléphone est tout juste capable d’assurer en parallèle les tâches de conduite routinières, comme s’il se mettait en « pilotage automatique ».

5 En France, près d’un accident corporel de la route sur dix est associé à l’utilisation du téléphone au volant. Or, ceux qui téléphonent en conduisant ont
très peu conscience du danger : les conducteurs sous-estiment très largement le risque qu’ils prennent en téléphonant au volant. Parce que le kit mains-libres n’est pas interdit, beaucoup s’imaginent que le danger réside dans la manipulation physique du téléphone, le fait même de le tenir en main, alors que la menace vient de la captation de son attention.

6 Les rares tentatives d’analyse coûts/bénéfices d’une éventuelle interdiction du téléphone au volant sont nord-américaines. Peu probantes, elles ne sont pas en mesure de démontrer l’intérêt socio-économique d’une interdiction. Les pays européens ont à ce jour pratiquement tous adopté la même position
réglementaire à l’égard de l’utilisation du téléphone au volant : interdiction du téléphone tenu en main, tout en tolérant le kit mains-libres. Deux pays ont fait des choix différents. L’Espagne sanctionne aussi l’usage de l’oreillette. La Suède, elle, n’a pas légiféré sur l’usage du téléphone, considérant le conducteur capable d’appliquer les règles générales de prudence et d’attention. D’autres solutions que sanctions et répression sont en effet à évaluer.


Présentation du rapport Inserm/Ifsttar "Téléphone et sécurité routière"

État des lieux et perspectives sur l’utilisation du téléphone et autres "distracteurs" de la conduite


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